mardi 4 novembre 2008

Les yeux fermés

Il existe au fond de moi, une petite Amélie Poulain. Elle fait surface lorsque j'entends le bruits des feuilles sous mes pas en octobre ou lorsque les premières pousses vertes font leur apparition au printemps. J'aime manger avec mes doigts, pleurer en écoutant un film de filles, flotter sur le dos dans une piscine, me gorger de vert durant l'été et admirer le bleu du ciel en plein hiver. Je ressens une joie immense quand je me rends compte que j'ai vraiment aidé quelqu'un d'autre. Je carbure aux petits plaisirs et je ne m'en cache pas.
J'essaie de transmettre à ma fille l'appréciation des petites choses. Je lui montre comment s'arrêter pour prendre le temps de jouir du moment présent et des petits bonheurs de la vie. Je lui fait admirer un coucher de soleil ou un lever de lune. Je ne cesse de lui dire qu'on est bien le samedi matin collée l'une contre l'autre dans le lit. Je lui ai aussi montré comment on savoure encore mieux les choses lorsqu'on a les yeux fermés. Un peu comme dans la fameuse publicité d'Aéro, où les filles laissent fondre les bulles chocolatées dans leur bouche en fermant les yeux. J'ai initié ma fille à cette technique. Au début avec des Smarties ou autre gâterie. Et depuis ce temps, lorsqu'elle aime particulièrement ce qu'elle mange comme des bonbons ou tout simplement des pâtes ou du poisson, elle ferme les yeux, met sa petite bouche en cul-de-poule et ne se gêne pas pour hummmummmer de bonheur intense.
Et quand je la vois faire, je me gorge de cette image de pur bonheur. Immanquablement, mes yeux se remplissent de larmes. Je ferme alors les yeux moi aussi. Mère et fille, les yeux fermés, savourant le moment présent... Mais pas pour les mêmes raisons !

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